Lutter contre la prolifération d'espèces végétales invasives


Qu'est-ce qu'une espèce invasive ?


C'est une espèce exotique introduite dans un milieu qui n'est pas son aire de répartition naturelle et qui en proliférant induit des impacts négatifs :

  • Écologiques : destruction des habitats naturels et des espèces autochtones
  • Économiques : impacts sur les pratiques agricoles, coût de destruction de l'espèce...
  • Sanitaires : problèmes d'allergies, de toxicité, de brûlures...
  • Nuisances d'usage : entrave à la pratique de la pêche, du kayak...

Il peut s'agir d'espèces animales (comme les écrevisses américaines) ou végétales (comme la Renouée du Japon, la Balsamine de l'Himalaya ou la Berce du Caucase).

Renouée du Japon

Fallopia japonica

Balsamine de l'Himalaya

Impatiens glandulifera

Berce du Caucase

Heracleum mantegazzianum

Jussie à grandes fleurs

Ludwigia grandiflora


La Berce du Caucase


Introduite en Europe du nord comme plante ornementale au XIXème siècle, la Berce du Caucase, Heracleum mantegazzianum, peut atteindre quatre mètres de hauteur. Elle est surmontée par une inflorescence en ombelle d'environ cinquante centimètres de diamètre.

 

La Berce du Caucase colonise les berges de cours d’eau au détriment de la biodiversité locale. Elle est directement dangereuse pour l’homme par contact avec sa sève qui contient une toxine phototoxique, appelée furocoumarine. Celle-ci provoque des inflammations et des brûlures lorsqu'elle est exposée à la lumière.

 

L'éradication de cette espèce nécessite ainsi le port d'un équipement approprié permettant d'éviter tout contact de la peau, des mains et des yeux avec sa sève.

Le chantier du ruisseau des Landelles


Communes concernées : Boucé, Saint-Sauveur-de-Carrouges

 

Description du site : 

 

La Berce du Caucase est présente le long du ruisseau des Landelles, affluent de la Cance. Les stations s’échelonnent sur 2,5 km de cours d’eau.

Une coopération entre le CEN-Normandie et le SyMOA 

 

L'éradication de la Berce du Caucase est un travail conjoint entre la Brigade "espèces invasives" du Conservatoire d’Espaces Naturels de Normandie (CEN-Normandie) et le SyMOA. 

 

Le CEN-Normandie accompagne et conseille divers acteurs confrontés à la problématique des espèces invasives : associations, collectivités, syndicats de rivières...

 L'équipe saisonnière de la Brigade "espèces invasives" est mise à disposition gratuitement auprès des acteurs locaux, et réalise chaque année de nombreux chantiers sur l’ensemble de la Basse-Normandie 

Déroulé :

Depuis 2015, 3 campagnes (juin, juillet et août) sont réalisées annuellement pour supprimer la Berce du Caucase sur ce secteur.

Les plantes sont déracinées à la bêche et les hampes florales portant des graines sont coupées et transportées hermétiquement pour être incinérées.

 

En 2015, beaucoup de pieds épars et quelques grosses stations de plusieurs centaines de m², contenant des milliers de pieds, étaient présents. Depuis, la population n'a fait que régresser grâce au travail conjoint du CEN-Normandie et du SyMOA. 


En 2015 et 2016, le nombre de pieds arrachés n'a pas été compté mais ce portait à plusieurs milliers...

En 2017, 3012 pieds arrachés

En 2018, 1147 pieds arrachés.

En 2019, 826 pieds arrachés.

En 2020, ce sont 399 pieds qui ont été arrachés.

 

La population de Berce du Caucase diminue. Cette action devra être maintenue pendant encore plusieurs années afin d'empêcher la recolonisation de ce secteur.

 

A partir de 2021, les campagnes d'arrachage se poursuivront 3 fois par an et seront menées par l'équipe technique du SyMOA.

 


Un guide pour reconnaître les espèces végétales invasives


 

La Commission Locale de l'Eau du SAGE Orne amont, avec l'appui des acteurs du grand cycle de l'eau et des milieux aquatiques du territoire, a élaboré un guide des plantes invasives. Les espèces recensées sont potentiellement présentes en Basse-Normandie, mais ce guide n'est pas pour autant exhaustif.


A disposition du grand public, il a pour objectif d'informer et de faciliter l'identification et la localisation de ces plantes. Grâce à la collaboration de chacun, nous espérons limiter l'introduction de ces espèces dans le milieu naturel et mettre en place des mesures efficaces permettant de maîtriser leur développement voire de les éradiquer.